Rester au village, malgré la rivière
En juillet 2021, la crue exceptionnelle de la Vesdre a rendu les bâtiments de l’école irrécupérables, et ils ont été démolis. Quitter le site faisait partie des pistes étudiées. La Ville de Verviers a pourtant choisi de reconstruire à l’emplacement d’origine, à proximité du centre du village. Le nouveau bâtiment est implanté de façon à élargir le lit de la rivière et à prolonger l’espace public jusqu’à la berge. Pendant le chantier, les élèves ont suivi les cours dans des conteneurs aménagés en classes.
Un bâtiment qui laisse passer l’eau

Toute la conception part d’une question : comment accueillir des enfants au bord d’une rivière qui peut de nouveau déborder ? La réponse des architectes tient en deux niveaux. À l’étage, hors crue, se trouvent les classes, la direction et les locaux techniques. En bas, sur pilotis, on trouve les fonctions qui supportent une inondation passagère : préau, gymnase et espaces polyvalents. En cas de montée des eaux, l’eau peut traverser ce niveau. Après une crue, on peut ouvrir les grilles et les panneaux de façade pour inspecter l’isolant. Celui-ci, comme les autres matériaux du rez-de-chaussée, a été choisi pour rester performant après un passage dans l’eau. Les réseaux techniques descendent depuis la dalle de l’étage.
Briques, carrelages et pierre bleue : une seconde vie sur place

Démolir n’a pas voulu dire tout jeter. Des briques de parement, des carrelages et des pierres bleues de l’ancienne école ont été récupérés et remis en œuvre dans le nouveau bâtiment. Cette démarche d’architecture circulaire allège l’empreinte environnementale du chantier. Pour l’énergie, le chauffage est assuré par une pompe à chaleur, sans recours au gaz.
Des cours qui rafraîchissent
Dehors, le sol des cours absorbe l’eau. Noues et plantations y créent de la fraîcheur et accueillent la biodiversité, dans le prolongement du paysage de berge. De quoi éveiller la curiosité des enfants. Les jeux de ballon ont leur propre zone, ce qui libère le reste de la cour pour d’autres usages. Le site compte aussi un hall omnisports neuf, utilisable sans passer par l’école.
Le mot d’AAdd : les freins rencontrés
Le recours aux matériaux de seconde main se heurte encore à plusieurs freins. Le premier concerne les attentes économiques : on attend du réemploi qu’il permette une économie, alors que la situation est parfois inverse. Il y a aussi la crainte de problèmes ultérieurs, parce que les matériaux sont usagés. Enfin, la seconde main souffre parfois d’une image négative : elle est perçue comme « cheap », face au prestige du flambant neuf.
Ces projets posent aussi des défis concrets. Ils demandent parfois une véritable ingénierie de subsides et une grande rapidité de décision. Ils impliquent également une organisation logistique énergivore.
Plus d’informations : https://aadd.be/projets/Ecole-dEnsival
Article rédigé le 26 octobre 2026.
